Histoire de la Chine Traditionnelle

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I – La préhistoire, la dynastie Xia et la dynastie Shang-Yin
II- La dynastie Zhou, la dynastie Qin, la dynastie Han et les barbares (1122 – 589 après J.C.)
III – La dynastie Sui, la dynastie Tang, la dynastie Song, la dynastie Yuan et la dynastie Ming
IV – La dérive vers des mains étrangères

 

I – La préhistoire, la dynastie Xia et la dynastie Shang-Yin

La Chine se considère comme le centre du monde. L’occident, avec ses deux ailes, l’européenne et la nord-américaine, se pensait responsable de ce monde et se conduisait en conséquence. Peu de civilisations ont échappé à l’autocentrisme : ce qui est durable et puissant a toujours recherché la domination universelle. Nous comprendrons donc la prétention chinoise a être le Pays du Milieu (Zhongguo).

La préhistoire :

Des les âges préhistoriques, les premières manifestations humaines apparurent extrêmement diversifiées. Durant une quarantaine d’années, le fossile humain le plus ancien demeura celui découvert en 1921 dans la colline de Tcheou-k’eou-tien, près de Pékin (Beijing). En 1927, D. Black l’attribua à un ancêtre de l’homme chinois qu’il nomma Sinanthropus pekinensis, « Sinanthrope de Pékin », ou, plus couramment, « l’Homme de Pékin ». L’homme de Pékin et son « ancien », l’homme de Lantian, ont plus de 500 000 ans d’existence.

A l’époque néolithique, la Chine, comme tous les autres pays, fut le théâtre de grands bouleversements : naissance et développement des cultures agricoles, sédentarisation de la population, regroupement des habitants en agglomérations d’importance croissante, polissage des pierres servant d’outils, poteries, organisation des tâches économiques et sociales, élaboration de conceptions religieuses. L’un des sites les plus célèbres, qui a donné son nom à une culture, est celui de Yangshao, sur le fleuve Jaune (Huanghe). Au confluent du fleuve Jaune et de la rivière Wei se sont montées, par le travail naturel des eaux, les couches de loess, d’une exceptionnelle fertilité. Ce nom « fleuve Jaune » lui vient de la couleur qu’il prend en charriant ces énormes quantités de loess. Le loess se dépose en alluvions, ce qui crée l’étonnant spectacle d’un fleuve qui souvent coule au-dessus de sa propre plaine. On comprend que les inondations, quand se rompent les digues, submergent la plaine : les gens périssent par centaine de milliers.

La dynastie des Xia : (2207 – 1766 avant J.C. ou 2207 – 1558 avant J.C.)

Selon la légende, une succession de trois souverains et de cinq empereurs précédèrent les Xia. On représente généralement le premier des trois souverains, Fuxi, avec sa femme, qui était aussi sa sœur, la déesse Nugua. Tout deux possèdent un buste humain et une queue de dragon. On attribue à Nugua la création de l’espèce humaine à partir d’argile et l’institution du mariage, tandis que Fuxi aurait appris aux chinois la chasse, la pêche, et l’élevage. Divinité à tête de boeuf, Shennong leur aurait pour sa part enseigné l’agriculture et la connaissance des propriétés des plantes médicinales.

De même, on impute aux cinq empereurs l’apport de certains éléments clés de la culture chinoise. Le premier d’entre eux, Huang Di, aurait donné au peuple chinois le calendrier des récoltes, les bateaux, les armures et la poterie. Un empereur plus tardif, Shun, inventa le pinceau à calligraphier. C’est avec son abdication en faveur de Yu, le premier empereur Xia, que s’amorça le règne dynastique.

Selon de nombreux historiens, la dynastie Xia a réellement existé, mais pas sous la forme décrite par la mythologie chinoise. Cette dynastie serait restée au pouvoir pendant près de cinq siècles, jusqu’au milieu du XVIII siècle avant J.C., avant de sombrer dans la corruption et d’être renversée par les Shang.

La dynastie des Shang-Yin : (1766 -1122 avant J.C. ou 1558 – 1050 avant J.C.)

La deuxième dynastie, Shang-Yin, a une histoire légendaire plus fournie ; des découvertes archéologiques (listes de souverains par exemple) confirment pratiquement les repères historiques qui soutiennent les récits. Le site le plus prestigieux est celui d’Anyang, capitale du XIV au XIème siècle avant J.C., dans la partie Nord-Est du Henan. On a retrouvé quantité de bronzes (vases, urnes,…) d’une technique d’alliage et du coulage si parfaite que l’on a nommé cette époque la civilisation du bronze. Les ruines ont montré des villages constitués avec des enceintes, ce qui suppose une prédominance de l’agriculture. On a pu reconstituer deux groupes : les nobles (clientèle et parenté du souverain) et les roturiers (agriculteurs, éleveurs, artisans). La dynastie des Shang-Yin voit les débuts de l’écriture ; en témoignent les milliers de fragments d’inscriptions divinatoires sur des omoplates de boeuf ou des écailles de tortues géantes, les jiaguwen, recueillis depuis le début du siècle. Les tombes attestent déjà le culte des ancêtres. La chute des Shang-Yin, comme celle de toutes les dynasties qui devaient lui succéder, ne fut pas conçue comme l’effet de hasards malheureux : Les Chinois virent toujours dans ces revers du sort la juste punition d’une déchéance. L’antique lignée avait perdu son efficacité et n’assurait plus le lien du groupe avec l’univers.